lundi 20 août 2012

LES VIEILLES CHARRUES à Carhaix, jeudi 19 et vendredi 20 juillet 2012

Et ouais, mec. Retour à Carhaix pour les Vieilles Charrues 2012.
Que dire de plus que je n’ai exprimé à propos des 8 précédentes éditions, de frais à mettre devant les orbites hagards de l’internaute ? Qu’on s’est bien marré ? Que la prog était pas dingue mais que c’est pas grave parce qu’il y avait tous les potos dans la place ; Agripinne, Clothaire, Jean Eudes, Suzie et puis la bande de Ploërmel aussi ? Qu’on a rencontré des énergumènes insensés et quand même vu quelques prestations inoubliables ? Qu’il fait bon vivre à l’ombre des anisettes du bar de la mairie du bourg ?
ET bien oui, c’est bien tout ça que je vais conter, une fois de plus.


Jeudi 19 juillet, 15h57 – Gare SNCF de Carhaix Plougher
Après une traversée de la pampa bretonnisante à dos de Micheline crachotante, on réunit une partie des troupes dans le centre du riant bourg, supportant la cohue des festivaliers assoiffés de Jeanlain et des émissions musicales de Nagui.
Le rituel est immuable mais comme tout bon rituel, rassurant ; marchage avec paquetages harnachés / découverte du camping 10 / retrouvage des camarades / montage de la plus grande tente de tout l’ouest du camping carhaisien / prenage d’apéro de retrouvaille / mise en route pour les agapes musicales. Bref on Y est !!


Jeudi 19 juillet, 19h47 – Scène Glenmore
Avec ces bêtises, on a déjà raté Rover et Django Django, deux groupes branchouilles programmés trop tôt. On prête une oreille distraite aux defouraillements de Stuck in The Sound, mais on ne peut pas ET fêter les retrouvailles avec le sacro-saint bar 2 ET se concentrer sur un concert. Bref tout ça nous mène pile poil devant la scène Glenmore (soit la grande scène, pour les néophytes amorphes) pour le set de Keziah Jones.


C’est enthousiaste que je m’y rends, sa prestation à l’Olympia en 2009 ayant été une madeleine de Proust des plus cool. Le torse non entravé par un t shirt qui aurait le malheur de dissimuler ses plaquettes de chocolat et vêtu d’un couvre-chef et d’un fute d’un gout discutable, il entame tout de suite sur un classique de la belle époque, soit Million Miles from Home ; c’est  ça swing plus que ça ne groove mais c’est bonnard. Keziah jouera le jeu du best off et enchainera des titres issus de toute sa discographie. On écoutera non sans déplaisir Blufunk is a fact, Beautiful Emelie ou autre A curious Kinda subconcious mais il manque un grain de folie, une étincelle funky qui mettrait le feu au brasier afrobeat… Keziah est un sacré branleur (pause de gossbo, lunette a faire pâlir un Sarko en viré à Central Park) et nous fait bien marrer mais manque de nous embarquer dans son african spacecraft. Sans rancune, Kez’.

La journée est plus qu’agréable; comme on l’apprendra plus tard, la jauge d'affluence du site n’est qu’a moitié remplie, on arrive a retrouver nos petits rapidement, l’attente aux stands est nul et le soleil nous honore de son rayonnement bienveillant (Mallarmé, je te prends quand tu veux wesh ma gueule). Bref ça démarre bien.
On se réapprovisionne en munitions (3ème Kebabs en autant d’heures pour certains gros que je ne citerais pas dans ces pages mais qui bruleront probablement en enfer, enfin surtout leur estomac) pendant la souplette distillé par Zebda sur la scène Kerouac. Toutes les reformations ne sont pas bonnes à prendre, loin s’en faut, et certaines devrait se contenter d’assurer l’ambiançage de la fête de la saucisse de Vic Fesansac.


Jeudi 19 juillet, 22h16 – Scène Glenmore
C’est bien équipé et très correctement placé qu’on se retrouve devant cette énorme scène en attendant LE highlight de cette édition.
En attendons-nous trop de la prestation de Portishead, excellente surprise et grosse prise de cette programmation circa 2012 ?
C’est en se collant des copeaux de bois dans les futes et en acceptant un calva d’une origine douteuse qu’on se pose la question. Arrive enfin la bande de Bristol, qui démarre  sans la blagounette d’usage ni Gwan a du racoleur mais avec un son tout simplement enormissime… quelle voix ! Beth Gibbons est au top et on ne sait plus si son organe a été savamment préservé ou méticuleusement abimé, mais on a comme l’impression qu’il n’a pas bougé depuis 20 ans que Portishead arpente les scènes du monde entier… magique. Les basses sont également ENORMES, à mettre KO votre Mike Tyson du jour ; pas même besoin d’avoir le son pour battre la lente mesure, toute la cage thoracique réagit au vrombissement gluant de cette trip hop.

Le groupe entame avec les quatre premiers titres du dernier album que je connais à peine mais envoi ensuite ses pépites classiques qui remuent les cages à miel et les émotions; Mysterons, Sour Time puis plus tard Wandering Star. Ils excellent dans ce genre qu’ils ont participé à créer, mélange de beats poisseux, de voix gracile, de samples anarchiques. Tout fonctionne magnifiquement bien et pas besoin ce soir de l’orchestre symphonique de New York pour faire décoller le son ; c’est costaud.
Viens le moment de Glory Box, accueilli par la prairie bretonne comme un footballeur suédois dans un stade porte d’Auteuil, les écharpes en moins ; l’exaltation. Cette chanson fait partie des rare titres entendus des centaines de fois à la radio, dans les pubs, les génériques, sur les compil’ pour draguer, dans les ascenseurs, les supermarchés, les soirées Pepito Banga ou que sais-je encore lors des meetings de Jacques Cheminade, mais qui ne lasse pas. Est-ce la voix touchante de Beth, le riff lancinant, l’alternance de fragilité et de violence qui structure le titre ; on ne saura pas. Mais ça marche à tous les coups et surtout sur scène, maintenant, tout de suite, à la tombée de la nuit en plein mois de juillet entouré de ses potes et de quelques milliers de festivaliers conquis…

Après une autre salve de titres au light show hypnotique et une courte pause, le groupe revient pour ce qui restera pour moi le meilleur moment de cette édition  2012 ; le titre Roads, mon favori, qui débute comme un trip glacial et solitaire pour  se terminer comme… un trip glacial et solitaire. Traversé par la voix plaintive et souffreteuse de Gibbons et le Moog fantomatique de… d’un autre gars, ça touche au génie en ce qui me concerne et la transposition de cette pépite sur scène est évidement un moment unique et magnifique. Oui, oui carrément. Je ne reconnais pas ce qui suit mais ça m’a amplement suffit pour estimer que cette journée était grandiose. Merci les british, c’était superbe.


On se remet de nos émotions au bar 2 pendant que le barnum LMFAO envoie leur nawakesque purée… autant je ne suis plus choqué par les inclinaisons putassieres de la programmation du festival depuis que David Guetta en a foulé la prairie l’année dernière, autant l’enchainement des délicats britons avec les gogoles fluo relève carrément de l’agression caractérisée.

Vendredi 20 juillet, 0h30 – Scène Grall
 On va se rafraichir les esgourdes sur Beat Assaillant, que j’attends de voir depuis longtemps. Bon ok, un peu moins que Portishead quand même mais les ayant raté en 2007 (Goose qui retournait Glenmore sous la pluie à ce moment-là) et ayant à l’époque trouvé leur premier album Hip Hop avec option big band de jazz carrément cool, c’est avec enthousiasme qu’on s’envoie le rap n roll de la bande franco amerloque. Deux DJ, une guitare, une basse et le chanteur au milieu de tout ça… bref pas mal de riff un peu propre sur eux mais tout aussi efficace, des breaks de scratch et des bonne montée tournées electro, le tout sur un flow débité sans prendre plus de respiration qu’un Jacques Mayol en goguette. Ce n’est pas de l’avis de tous dans le crew mais ça envoie des copeaux du genre comme il faut, dude. On va se coller aux barrières pour profiter a fond de l’atmosphére survoltée malgré le public un peu clairsemé. L’ambiance tourne pourtant au mieux, surtout sur les vieux titres comme Hard Twelve ou Cash. Avec en prime un light show respectable, c’est en salle qu’il faudra revoir ça. « Big ups ! » .



On a pas vraiment le cœur à enchainer avec les beat lourdos de Don Rimini donc on rapatrie les carcasses direction camping 10 pour profiter d’un des plus beaux défilés de machines a conneries et de poissonnières en herbe que l’hexagone a à offrir en cet été 2012 ; le festivalier breton aviné, par paquets de 12. On est aussi là pour ça et cette journée se terminera dans des larmes… de rire.


Vendredi 20 juillet, 12h47 – Piscine municipale
Hallelujah, les dieux du festival sont avec nous cette année… non content d’avoir dormi correctement et de profiter d’un soleil radieux, un des mystères de Carhaix vient encore embellir cette journée ; la piscine a de nouveau retrouvée son statut de « plan top secret »… après deux années de queue interminable ayant eu raison de notre hygiène intime, l’antre de la détente post-bamboule s’offre à nous (presque) seul… jacuzzi, tobogan, longueurs, toilette propres et tutti quanti… Cette baignade annuelle est comme la touillette dans le Mojito ; on peut s’en passer mais c’est quand même rassurant de l’avoir.

Pour parfaire les bonne habitudes du routard de centre Bretagne, on finit attablé au bar de l’hotel de ville, comme des coqs en pâte.

C’est néanmoins l’heure de rassembler les ouailles et nous écourtons quelques peu l’apéro pour aller boire un coup au camping avec les nouvelles têtes. A nouveau on finit vite les verres pour aller se retrouver au bar 2 sur Keramphuil. Bref en l’écrivant, je réalise l’ineptie de ces journées avant que les concerts (intéressants) ne commencent. Mais comme c’est bon.


Vendredi 20 juillet, 19h22 – Scène Grall
La programmation est bien chiche en rock n roll cette année. Si je voulais la ramener, je dirais même « famélique » (mais c'est pas mon genre) puisqu’a part Kasabian le dimanche, il me semble qu’il n’y ait que Triggerfinger qui soit disposés a nous décrasser les portugaises.
Et effectivement, ça les décrasse en mode binaire. Trois belges dans la force de l’âge en complet trois pièces moulinent ferme et s’évertue sur une poignée d’accords pour nous faire oublier que c’est eux ou Thomas Dutronc. Donc eux. C’est effectivement bien lourd comme il faut mais finalement assez peu créatif. N’est pas Queens of The Stone Age qui veut et on finit par partir dans des débats pleins de circonvolutions n’ayants rien à voir avec la musique de Chuck Berry, et encore moins avec le plat pays. Next.

Vendredi 20 juillet, 20h52 – Scène Kerouac
Après avoir étanché une soif inaltérable sous cette belle canicule (il fait 24°), on va assister, méfiants, au set de Bloc Party.
Méfiants parce que ce groupe ressemble à s’y méprendre au One Hit Wonder comme les appels les journaleux. Après avoir cassé la baraque il y a quelques années avec Blanquet au plus fort de la vague post rock, les anglais semblent s’être éparpillés dans les singeries new wave. Ce n’est qu’après avoir réalisés que le public avait autant envie d’entendre leurs albums solos que de s’arracher les ongles que les Bloc Party se sont décidés à continuer à se produire dans des festivals voulant bien d’ancienne gloires des années pas loin.
Bref le set est à l’avenant de cette interminable introduction ; mou du genou, creux et pataud. Pour que la mayonnaise des accords sautillant et de la voix syncopée prenne, il faut vraiment un groupe exceptionnel comme l’a été Foals sur cette même scène en 2011. Là c’est un plagiat de la tête d’affiche à suivre et ce n’est que sur leur efficace tube que l’ambiance revient. Chiant.



Vendredi 20 juillet, 21h53 – Scène Grall
Sentant le piège se refermer autour de nous, je mène un petit groupe de rebelles qui, non, refuse de se fader 150 minutes (cent cinquante minutes !) du gros Robert Smith et de sa bande. C’est donc sous les quolibets des curistes puristes qui « vont se placer » que nous nous échappons par une porte dérobée pour aller écouter Baxter Dury, auteur d’une hype 2012 grâce à son album Happy Soup, assez justement encensé par les journalistes et autres connaisseurs du sujet connu. Genre « petite merveille de bijou pop finement ciselé et ouvragé avec sophistication » et tout le toutim Telerama friendly. Moi ce que j’en dis : « pas de quoi non plus se taper le cul par terre ».  Merde je croix que je viens de me griller avec les Inrocks.
Plus sérieusement, c’est plutôt gentillet, sympa à passer à l’apéro entre les tomates cerises et les roulés de Serrano au chèvre frais. On joue quand même la montre avant de rejoindre Glenmore pour le plus grand rassemblement de trentenaire que la Bretagne ai connu depuis le salon en plein air « Kouignamanns et albums Panini». Ou pas.


Vendredi 20 juillet, 23h12 – Scène Glenmore
Assez vite bloqués dans notre progression vers la scène, on invente des stratagèmes des plus efficaces pour fendre la foule amorphes… cet instant de franche rigolade est soudain interrompu par la tronche des gens qui nous entourent ; on est à mi-chemin entre la tour son et la scène, soit au cœur de la meule du fan curiste, celui qui veut vraiment voir le concert de The Cure mais quand même trop âgé pour jouer des coudes plus avant. Bref faut pas faire chier le monde.
Message que n’a manifestement pas eu le gros Robert Smith ; on est tombé dans un traquenard, du genre qui donne plus envie de se pendre à l’armature de la scène qu’a danser sur la tête avec une plume dans le fondement. Le rythme est très lent, les instrumentaux s’étirent comme l’A6 un 15 aout et… et… et on se fait chier ! Malheureusement on a raté A Forrest et j’aurais le plus grand mal à retenir mes camarades en leur promettant un rappel réjouissant… On finit par être récompensé avec Lovecats (somme toute assez tarte, surtout jouée par cette vieille sorcière quinquagénaire  bedonnante), Close to me et Boys don’t Cry.
Un debrieff quelques heures plus tard nous apprendra que les fans auront adorés et que ceux nés après 1978 auront étés frappés de narcolepsie galopante.



 Avec toutes ces conneries et le temps de s’en remettre du côté de la Garenne et de ses (vraies) bières bretonnes, on rate M83.
Le groupe se scinde et je me retrouve a mon corps défendant devant El Hijo de la Cumbia. Soit des lourds beats raggae surmontés par un accordéon émettant des sons proches de la complainte de la hyène en train de mettre bas une portée de 17 petits. Bref c’est horrible.

Je repars sur Kerouac pour faire l’état de lieux. Non content de me retrouver seul, je refuse l’assommoir proposé par Metronomy pour me tourner, incrédule, vers Glenmore. Martin Solveig y distille des beats racoleurs et j’ai peine a y apercevoir quoique ce soit. Je capitule donc et ère comme une âme en peine pensant à capituler lorsque j’aperçois une faille dans la matrice.

Samedi 21 juillet, 2h13 – Backstage
Bref infiltré derrière les lignes ennemis, je me retrouve donc à déambuler derrière la scène Glenmore. On y trouve tout et n’importe quoi ; lounge désert avec canapé rouge carmin et clairette de Dis à volonté, compteur de vitesse automobile avec son lot de saoulards tentants de peter les scores (24km/h pour le Bolt local) et puis les gradins. Invité à m’y rendre par un gentil monsieur en jaune comme quand on crève sur ladite A6 un 15 aout, je trouve donc un bon moyen pour m’intéresser au « concert » de Martin Solveig ; en l’observant du haut des gradins. Peu impressionnants vu de devant la scène, les gradins VIP & handicapés s’élèvent en fait aussi haut que la tour son et je peux ainsi dominer toute la plèbe qui fourmille devant le disc jokey parisien. La foule est vraiment impressionnante et s’étale même jusqu’à la scène Kerouac. Je ne suis même pas sûr qu’autant de monde soient venu admirer The Cure deux heures plus tôt.


 Je fini par m’avouer vaincu lorsque Solveig s’attaque à Nirvana et rentre déposer les armes au camping ou le reste de la team n’en mène plus trop large.
Rideau.



Une très belle édition avant tout grâce au renouvellement du crew apporté par le sang neuf… même si le Kevino manquait à l’appel… Le soleil et les quelques fulgurances scéniques m’ont permis de me consoler du temps pourri de 2011 et du plateau exécrable de 2010 et de me motiver pour les neuf années à venir. On the road again.


Next step : Rock en Seine, samedi 25 ; moins de vomi, plus de stilletos. Yeepa.

mardi 10 juillet 2012

JACK WHITE à l'Olympia, mardi 3 juillet 2012

A l’annonce de la separation des White Stripes, on etait finalement peu inquiet de ce que pourrait nous offrir Jack White dans l’avenir; l’homme etant très productif au sein de plusieurs formations, on pouvait rester optimiste quant à la qualité de ces productions futures.
L’ayant vu plusieurs fois sur scène, avec lesdits Whte Stripes (dont un concert eblouissant au zenith en 2004) et les Raconteurs, on savait aussi que ses concerts etaient souvent des grands moments…

Quelques semaines après la sortie de son excellent premier album sous son propre nom (Jack White, pour ceux qui en sont déjà à somnoler devant leur ecran à la lecture de cette pompeuse introduction), on se rend donc confiants à L’Olympia.
Après une premiere partie assomante (First Aid Kit), on attrape quelques mousses au bar de l’Olympia, entre Izia, Jean Louis Aubert et Lou Doillon (bref le gratin du rock made in Frankreich hum) avant d’aller s’installer dans nos fauteuil sur le balcon… comment comment comment ? un ongle incarné mal traité empecherait il votre serviteur d’aller se meler à la plèbe suintante dans la fosse ? A moins que ça ne soit son age canonique qui l’empeche de dodeliner de la tête debout plus d’une heure? Nenni, il n'y avait juste plus de places en bas. Bref on est presque comme au cinoche lorsque le rockeur deboule sur scène en costume bleu ciel, accompagné de son groupe exclusivement feminin (qui alterne avec un groupe d’hommes selon les soirs).
Et boum, ça entame directement avec Dead Leaves on Dirty ground, soit, oui, le meilleur titre des Bandes Blanches. On est donc tout de suite plongé dans le vif du sujet, sans round d’observation. Le groupe tourne bien, le guitariste etant soutenu par une violoncelliste, une violoniste, une pianiste, une guitar steel et une batteuse, cette derniere etant autrement plus energique que l’ex demi sœur de son leader…

La suite sera un heureux melange des titres solo de White, deWhite Stripes ainsi que quelques titres des Raconteurs et des Dead Weathers. Bref que du bon. L’homme represente bien la musique americaine sur scène ; tantot rock, un peu roll, des pointes de country (chiantes, il faut l’avouer) et surtout pas mal de puissance dans les compos. Ce n’est pas deux ou trois coups de mous qui nous decouragent en milieu de set. Le piano est très present, ce qui apporte une touche melodique qui manquait par moment à son groupe historique.
Les titres sont egalement etirés, ce qui tranche avec les brulots sporadiques du zenith en 2004 et 2005. L’homme est enigmatique, lardé de fard blanc sur le visage, passant d’un instrument à l’autre avec autant de facilité et de rapidité. On sent la franchise et le bonheur communicatif, pas le genre à passer relever les compteurs (hum la place etait quant même à 40 boules).

Le rappel sera evidement dantesque ; le stratospherique Same Boy you’ve always known (white stripes), le tubesque Steady as she goes (raconteurs), I’m slowly turning into you et l’evident Seven Nation army, dont on a presque oublié son statut de titre rock tant il a été usé dans les pubs, les films, les nightclubs et les tribunes de foot… certes, c’est loin d’etre son meilleur titre mais c’est peut etre son plus efficace et naturellement celui qui fait le plus réagir les foules.

L’equipe en avait encore largement sous le pied (11 albums en à peine plus d’années…) mais les meilleures choses ont une fin et c’est comblés qu’on quitte l’enceinte parisienne.

Setlist : 1.Dead Leaves and the Dirty Ground (The White Stripes) / Sixteen Saltines / Love Interruption / Hotel Yorba (The White Stripes) / You Know That I Know (Hank Williams cover) / I Guess I Should Go to Sleep / Two Against One (Danger Mouse cover) / Weep Themselves to Sleep / Hypocritical Kiss / Hip (Eponymous) Poor Boy  / Top Yourself (The Raconteurs) / Ball and Biscuit (The White Stripes ) / Freedom At 21 / Take Me With You When You Go  / Cannon (The White Stripes) / My Doorbell (The White Stripes) / Blue Blood Blues (The Dead Weather) // The Same Boy You've Always Known (The White Stripes) / Steady, As She Goes (The Raconteurs) / I'm Slowly Turning Into You (The White Stripes) / Seven Nation Army (The White Stripes)


Next step : Les. Vieilles.Charrues. Indeed.

jeudi 5 juillet 2012

MAIN SQUARE FESTIVAL à Arras, samedi 30 juin 2012


A l’attaque de la Citadelle d’Arras, c’est le Main Square Festival.

Ce n’est ni la promesse d’une météo très locale, ni la programmation balbutiante qui nous fait prendre la breizhou mobile pour nous rendre dans le nord mais bien de vieilles gloires de notre adolescence, a priori toujours bien vert.
Bref ; ca fait aussi du bien de ne faire qu’une paire d’heure de route et un petit quart d'heure de marche pour rejoindre le « petit » camping du main square… payant le camping, donc, il n’y a pas de petit profit comme on dit. Et oui il y a plus de saison ma bonne dame.


 On franchit ensuite le mur d’enceinte de la citadelle pour decouvrir la grande scène sur laquelle s’epoumone Skip the Use pour son dernier titre. Rare de voir un espace enclavé en festival, le terrain en terre et caillou etant delimité par des batiments qui furent probablement jadis miltaire, avec un clocher sur un coté … ça change. On stage, c’est un electro rock plutot putassier qui fait bouger les popotins. Energique et efficace, on n’aura pas trop le temps d’en penser autre chose.

Petit tour des forces en presence ; malgré le cadre singulier, le festival ne brille pas par sa personnalité. Outre la terrifiante fricadel et le poster du film comique cher à la region, on a affaire aux enseignes basiques de ce type de rassemblement et surtout à un paquet de pubs, tout comme au Werchter .
Bien sur en festivalier concerné, puriste et ecocitoyen, on se dresse contre l’egemonie de LiveNation, cette multinational de la musique à 360° qui fait grimper les cachets, obtient des exclusivités des plus grands et ainsi participe à la mort des petits festivals et fait augmenter les tarifs des places pour les gentils amateurs de musique que nous sommes (58€ le ticket a la journée dans ta face).



Ces considérations considerantes et notre street cred’ trouvent bien evidement leur limite lorsque que ledit grand mechant loup du showbusiness nous propose une tête d’affiche que l’on ne saurait refuser, et là on la ramène beaucoup moins.
Pour l’heure la tête d’affiche est encore loin et après avoir eclusé un couple de fraiches, on jette une oreille peu enthousiaste au wok n woll plan plan et innofensif de Revolver. La tartiflette sera du même accabit.

Premier grosse drache dans ta face ; on ne parle pas là du lancinant crachin breton mais des vilaines albardes du nord. 15 minutes de grosse pluie ininterrompue… dure dure comme entrée en matière.
Bizzare de programmer en même temps The Kooks et Miles Kane, tant le public doit être le même pour ces deux artistes… On choisit les premiers, pas plus convaincants qu’aux Vieilles Charrues il y a deux ans… voir carrement chiant oserais je dire, de la brit pop dans la plus pure tradition britonne. Pas mon truc. Au moins aux vieilles charrues il y avait un gars qui slamait en bateau gonflable pour divertir un peu.


On prend le grain suivant en plein dans l’oignon, plus de place couverte et impermeable très permeable (à fond la forme) > trempés jusqu’à l’os. Heureusement il fait encore chaud mais c’est clair qu’on fera peter le Guy Cotten avant d’aller sur Keramphuil…
On traine pas mal, on se rhabille, on tente les confrontations au bab’ du bar a biere… bref ce line up ne souleve pas notre admiration, mais ça on le savait.
On attend donc la fin de Florence + The Machine, ecouté de loin, pour aller enfin se placer à distance honorable de la grande scène (quoique derriere une camera mobile qui ne le sera pas, mobile).
Les dieux sont avec nous (à moins que ca ne soit le vent) puisque 10 minutes avant l’arrivée de  LA tête d’affiche, les nuages deguerpissent et fond place à un grand ciel bleu qui se moire d’orange pour acceuillir par la suite son voile de penombre et sa voute celeste. Oh putain il faut que j’envoi cette chronique au programmateur du festival d’avignon. Ou peut etre au responsable culture de la RATP qui pourra l’editer sur les panneaux en carton dans les rame de metro. La consecration.

Bref cette interminable intro de 694 mots pour conter le fabuleux concert de Pearl Jam.
Attaque en douceur avec Release pour enchainer plus agressivement sur le classique Go. Tout le monde est bien en place sur scène ; le gratteux Mc cready a sorti sa collec de Stratocaster pour conclure la plupart de titres de  solo justes, flamboyants et maitrisés. Ce mec là a du talent et de la classe, c’est effarant. On arrive vite à un des grands moments de la journée, sois le hargneux Do the Evolution. Ce titre est d’une efficacité redoutable, avec son break de chœur au bon moment sur le bon ton.
Les titres s’egrennent avec une energie irreguliere mais avec toujours l’engagement adequat. Outre les zicos de talent et les compos percutantes, la voix eraillée de Vedder transcende le tout pour donner à Pearl Jam ce son inimitable. Le Vedder en l’occurrence est toujours scotché à sa « most memorable bottle of bourgogne » comme il y a deux ans au Werchter. Hips.


Après les avoir effectivement vu en Belgique « recement », la surprise et l’emotion sont evidement moindres. La setlist variant, le plaisir pas du tout coupable et toujours là. C’est toujours la nostalgie qui revient sur les vieux titres qui rappelent les brillantes heures de l’adolescence parfois ingrate mais toujours idéalisée ; Even Flow, Black, Breath…
Le rappel casse tout avec un enchainement imparable de Jeremy, Alive et Yellow ledbetter… le groupe salut longuement la foule avant de prendre congés…

On va zoner du coté de The Rapture mais après cette grosse claque qu’a été Pearl jam, le cœur n’y est plus trop. Et puis enchainer avec cette melasse dancefloor friendly, c’est plutot mal senti…
On attend les Zombie Kids en eclusant les derniers jetons, avant de se rendre compte que les disc jokeys espagnoles font de la merde, en fait.
On se rabat sans enthousiasme sur Birdy Nam Nam qui envoi des gros beats tout en gueulant « wesh, Belfort, vous êtes là ?! » mais ça prend plus trop. Les agapes de la veille couplées aux attaques incessantes de la météo recalcitrante ont eu raison de notre temerité de festivalier chevronné. A moins que ca ne soit l’age. Non. Pas possible.


Bref un magnifique moment sur Pearl Jam mais le reste etait clairement pas au niveau ; pas de vrai e tête d’affiche ni de decouverte, organisation douteuse (les deux scènes jouent en simultanée, le paiement par jetons, les campings payants etc…) et bouffe infame. En bon français, on aime cracher dans le ratelier mais on bouffe quand même a toutes les soupes.


Next step : Jack White @ l'Olympia

mercredi 20 juin 2012

PAUL WELLER au Bataclan, mercredi 13 juin 2012

Telle la Belle dans son Bois, ce « blog »  etait dormant depuis maintenant trop longtemps. Devant l’opprobe general suscité par ce silence dont je vous epargnerais les motivations (travail, famille… patrie ?), je saisis mon plus beau clavier pour relater le concert du ModFather himself, j’ai nommé Paul Weller.

Une bonne douzaine d’années (ça fait mal rien qu’en le disant) après avoir assisté au concert de l’anglais dans ce même Bataclan, c’est donc une soirée en forme de Madeleine de Proust qui nous attend… souvent une fausse bonne idée que le trip revival (cf Deep Purple ou Lou Reed, j’en passe et des plus frippé)  mais ayant vaguement suivi la disco recente de Weller, on sait qu’il a de beaux restes, le bougre.

Bref il se pointe avec son crew sans même que le public ait été chauffé par une premiere partie et entame son set par de nombreux titre de son dernier album, Sonik Kicks. C’est lent, voir même poisseux ; On pouvait craindre les travers pop de Weller mais c’est dans des joutes de larsen et autres chevauchées-psychedeliques-pour-les-nuls qu’il nous emmène. Après une demi-heure de concert, pas un seul titre qui nous parle et le public reste de marbre. On peut sauver un raggae planant et un duo avec une charmante vocaliste du lot, mais on est circonspect. Carrement. Le public est assez eparse et les vieux quadras attendent du Jam et les jeunes quadras esperait sans doute du Style Council (rho les cons !). Nenni.
Le crew met les voiles pour un bon quart d’heure de pause.
J’en profite d’ailleurs là, maintenant, pour me rendre compte que la boulangère m’a mis une religieuse alors que j’avais expressement demandé un eclair au café. N’importe quoi.
Bref.

C’est armé de meilleur intentions et ayant troqué sont costard cravate contre un tshirt style decontract au coin du feu, man, que l’Homme reviens. Et là ; set accoustique, soit 4 guitares et une basse et là commencent enfin les choses serieuses ; You do something to me et surtout All i wanna do is be with you qui renvoi votre serviteur et son comparse dans les arcanes de leur memoire, à une epoque ou se lever le matin pour gagner sa croute ou accessoirement torcher un lardon etait un concept abscon (voir juste –con).
Le crew reprend l’electricité et les instruments qui vont avec (là je parle de guitare et non de voltmètre) pour continuer dans la veine de leur best of savoureux. Les quadra se reveillent de la torpeurs et le bar se vide enfin ; Stanley Road, foot of the mountain , Wake up the nation ou echoes roud the sun galvanise le public et semble transporter le groupe. Sono enfin d’aplomb, gratteux aux doigts de fée et Weller retrouve le sourire… on y est enfin ! Après un nouvel aller et retour qui nous gratifie enfin de reprise des Jam (perso la tambouille early 80’s c’est pas ma came, gros) le groupe se retire à priori definitivement. Les roadies font signe qu’il est temps d’aller se jeter des lagers derriere la cravatte, les lumières se rallument… mais Weller et son groupe, comme poussés par une envie de bien faire, reviennent juste nous assener Changin Man rageur et digne, la classe du patron comme dirait l’autre.

Bref après un demarrage fastidieux, Paulo nous a etalé toute sa classe de pur dandy anglais et nous a fait comprendre qu’on peut encore lacher les chiens un certain age passé… en fin pas trop quand même, hein, parce qu’avec de la Cristaline dans une main et la cigarette electronique dans l’autre, on lui aurait lancé des canettes il y a douze ans.



Next Step: Pearl Jam @ Arras (han!)